Choisir son poulailler

Voilà, c’est décidé, vous allez bientôt accueillir vos premières poules !

Contrairement à l’achat d’un hamster ou d’un chat, l’adoption d’une paire de poules n’est pas une chose habituelle. Souvent, il s’agit même d’une décision familiale mûrement réfléchie. On s’interroge et c’est bien normal. Car finalement, accueillir un animal emblématique de la ferme, cela ne va pas de soi ! Pourtant vos poulettes trouveront vite leurs marques dans votre jardin, jusqu’à faire pleinement partie du paysage. Vous verrez, vos cocottes vont faire des émules et vous ne serez pas surpris d’entendre un jour chez vos voisins le familier « cot-cot-codec ! ». Mais avant d’aller choisir vos poules, faisons le point sur le poulailler et les aménagements à déployer !

Le poulailler 

Accueillir des poules chez soi est une responsabilité qui exige de bien les protéger en les logeant adéquatement contre les intempéries et les prédateurs, tout en leur permettant de vivre en harmonie  

Home sweet home, comment choisir son poulailler ? 

Il existe tellement de modèles différents de poulailler sur le marché que ce ne sont pas les idées et le choix qui manquent.   

Il existe plusieurs types de poulaillers sur le marché. Stationnaire, mobile, vendu en kit, fait sur mesure ; les possibilités sont nombreuses.

Les poulaillers mobiles sur roues seront profitables si votre terrain a une très grande superficie.

À mon avis, le poulailler idéal sera celui fait sur mesure, mais je vous recommande tout de même de prendre le temps d’évaluer le type de poulailler qui conviendrait le mieux à votre terrain et à vos moyens.

Bien qu’ils soient en apparence pratiques, les poulaillers vendus en kit dans les commerces ont le désavantage d’être souvent trop étroits pour loger trois poules. Sans parler du perchoir qui est souvent un peu bas et des matériaux de construction qui sont parfois assez minces, et donc pas forcément idéaux pour résister à l’épreuve du temps. 

Le poulailler : style palace ou cabane ?

Certains puristes du recyclage vous diront qu’un poulailler peut être fabriqué avec quelques planches de récup, un toit en matière bitumée et du vieux grillage. 

La poule étant effectivement un animal rustique, elle s’accommodera sans doute de ce logement de fortune. Si toutefois vous ne voulez pas que votre jardin ressemble à un bidonville, nous vous conseillons vivement d’investir dans un poulailler digne de ce nom ! 

On trouve de tout sur Internet et dans les jardineries, toutefois méfiance avec les poulaillers « pas chers » : leur durée de vie est souvent courte, ils risquent de rejoindre les encombrants après la première année d’utilisation ! 

Renseignez-vous sur l’origine du mobilier : pourquoi ne pas privilégier les savoir-faire locaux sur les produits fabriqués au bout du monde ?

Beaucoup de poulaillers dits « en bois » n’ont de bois que le nom. Il s’agit souvent d’essences importées de piètre qualité ; vous pourrez facilement en juger par le poids du mobilier : plus il est léger, moins il résistera aux intempéries. 

Pour un poulailler d’environ 1 mètre carré (partie abri uniquement) conçu pour 2 à 4 poules, le poids ne devrait pas être inférieur à 30 kilos.

De même, si vous arrivez facilement à marquer le bois avec vos ongles, vous pouvez parier que les façades succomberont aux premières intempéries.

Les poules aussi ont droit à une maison digne de ce nom.

Ainsi si vous optez pour un modèle disponible en ligne, veillez à l’épaisseur des cloisons. Elle conditionnera la résistance et la bonne isolation de l’abri. En dessous de 12 millimètres d’épaisseur, passez votre chemin.

Il est important que votre installation soit fonctionnelle et facile à entretenir. 

Les planchers amovibles permettant de récupérer les déjections en dessous du perchoir sont bien pratiques. Quant au pondoir, il doit être facilement accessible pour la récupération des œufs et le renouvellement régulier de la litière.

L’aération du poulailler est très importante, surtout en été. 

Elle doit être étudiée pour permettre une bonne circulation de l’air sans entraver l’isolation et la sécurité du poulailler.

On dit volontiers que le poulailler doit être surélevé.

Il est en effet important que les pieds soient suffisamment haut pour laisser l’air circuler sous l’abri, car les poules détestent l’humidité. Des pieds de 10 centimètres de haut seront un minimum.

Traditionnellement l’intérieur dis­pose de deux compartiments : un espace repos tapissé d’une litière de copeaux avec au-dessus le perchoir, ainsi qu’un espace pondoir garni d’une litière de paille.

Attention au perchoir : vos poules ne vous pardonneraient pas de négliger cet aménagement essentiel. 

Celui-ci doit être de forme carrée avec des angles arrondis pour plus de confort.
Largeur de la section : 4 centimètres. 

Toutefois il y a plusieurs perchoirs, il est impératif qu’ils soient tous à la même hauteur sinon vos poules n’arrêteront pas de se battre pour accéder à la plus haute place.

Le pondoir doit être à l’abri des fientes. 

Il peut être placé au sol ou plus en hauteur, l’important est qu’il soit aux calme et facilement accessible pour vous permettre de récupérer les œufs et de procéder à l’entretien régulier. Il s’agit en général d’un petit box carré de 30 centimètres de côté environ, avec ou sans plafond. N’hésitez pas à mettre une litière abondante ; plus c’est douillet, plus les poules aiment ! 

Elles font en principe leurs fientes principalement dans la partie repos, mais si vous en retrouvez dans le pondoir, retirez-les au fur et à mesure pour éviter que celui-ci ne se transforme en repaire à pa­rasites. N’oubliez pas : c’est ici que seront déposés vos bons œufs…!

Quant à l’espace à l’intérieur du poulailler, notez que les poules n’y vont souvent que pour pondre et dormir ; elles n’y prennent pas l’apéro et y organisent rarement des dîners assis. 

En principe les poules aiment dormir sur le perchoir et il est important que chacune y trouve sa place. Comptez au moins 20 centimètres de perchoir par poule. Quatre poules pourront donc vivre sans aucun problème dans un poulailler d’un mètre carré.

Lorsqu’on parle de l’espace minimum par poule, on pense surtout au parcours extérieur où elles gambaderont pendant la journée.

Sur ce point très peu de poulaillers proposent des enclos suffisants. Il s’agit en général de petits patios grillagés, sortes de terrasses à poules. Ces espaces font rarement plus de deux mètres carrés, aussi vous devrez ouvrir la porte sur le jardin et prévoir un périmètre supplémentaire, grillagé ou non, pour que vos poules puissent se balader. 

Ce petit enclos attenant à l’abri est toutefois bien pratique lorsque vous vous absentez quelques jours. 

En effet, vous pourrez le maintenir fermé pour que vos poules prennent l’air en toute sécurité en attendant votre retour.

Le poulailler, un précieux refuge

N’oubliez pas qu’à l’extérieur, vos poules n’ont pas que des amis ! Le soir venu, le jardin enchanteur se transforme en boulevard du crime. 

Renards, belettes, fouines, martres et autres mustélidés sortent de leur tanière telle des requins dans un récif corallien.

Pour ces loubards du jardin, le poulailler est comme une banque pleine de billets. Leurs sens affûtés détectent en un instant les volailles assoupies derrière les cloisons du poulailler et la moindre faille dans votre système de sécurité sera exploitée par ces as du cambriolage. Votre poulailler devra donc être bien conçu pour laisser ces hôtes indésirables sur le palier. Si l’habitat doit comporter des aérations, aucune ne devra laisser un espace supérieur à 2 centimètres si vous voulez que vos poules dorment tranquilles.

Attention toutefois, les attaques de renard en plein jour sont fréquentes dans certaines zones proches des bois. 

Dans la mesure du possible, sécurisez l’enclos extérieur par une clôture d’au moins 1,20 mètre de haut avec des mailles hexagonales de 3,5 centimètres de diamètre. Si vous voulez faire de votre poulailler une forteresse imprenable, prenez la précaution d’enterrer le grillage sur une vingtaine de centimètres pour éviter que les intrus ne passent trop facilement en dessous de la clôture.

Des attaques de rapaces peuvent également survenir, principalement contre les poules naines et les poussins. Elles se produisent le plus souvent à la campagne, plus rarement en zones urbaines où ces oiseaux farouches s’aventurent moins. Les éleveurs soucieux d’éviter ces attaques aériennes disposeront un filet au-dessus de l’enclos de promenade.

Rassurez-vous : la plupart des éleveurs amateurs ne prennent pas toutes ces précautions et laissent la nature exercer sa loi dans l’enceinte du jardin. Par ailleurs en sécurisant l’abri, vous éviterez 90 % des drames, sous réserve bien entendu que votre jardin soit clos et ainsi peu exposé aux visites de chiens errants et autres renards pendant la journée.

Faut-il un grand parcours pour vos poules ?

Une chose est sûre, plus le jardin est grand plus vos copines seront heureuses ! Il n’est cependant pas indispensable d’avoir un grand jardin pour avoir des poules. Comme nous l’avons vu, 20 mètres carrés pour une paire de poules suffisent. 

Mais si je devais décrire le jardin idéal, ce serait sans doute un jardin compartimenté avec différents espaces, parmi lesquels un espace poule.

Imaginons que vous disposiez d’une centaine de mètres carrés. Pourquoi ne pas réserver la moitié du jardin pour vos massifs fleuri ainsi qu’un coin d’herbe ? Vous pourrez diviser le reste en deux moitiés : 25 mètres carrés pour le potager et 25 mètres carrés pour les poules. Le jardin du futur sera sans doute sur ce modèle, alliant subti­lement l’agrément et l’auto­production, le tout dans une re­cherche d’harmonie et d’esthétisme. La reine Marie Antoinette en son temps l’avait bien compris, lorsqu’elle imagina une petite ferme en plein cœur de Versailles, à contre-courant de la mode de l’époque qui voyait l’émergence du jardin symétrique à la française pensé par le célèbre jardinier André Le Nôtre. Vous le comprendrez en visitant le Hameau de la reine, ce merveilleux petit écrin de campagne en plein cœur du Parc.

Les poules naines se contentent de petits espaces.

Comment éviter que mes poules ne se fassent la malle ?

Rassurez-vous, les poules ne sont pas de grandes aventurières.

Hormis certaines races naines qui aiment prendre de la hauteur dans les arbres pour dormir, vos amies ne feront pas le mur pour faire la tournée des grands-ducs. Et si l’une d’entre elles manque un jour à l’appel, interrogez plutôt le chien du voisin ou le renard : ils auront sans doute une idée sur la question…

Si toutefois votre jardin est petit, il n’est pas impossible que vos poules sautent la barrière pour aller grattouiller chez le voisin.

Pour éviter cela, on conseillera de couper les plumes de vol sur l’une des deux ailes. Les plumes de vol sont les plus longues à l’extrémité. Il vous suffira de déployer l’aile et de couper les plumes (environ une dizaine) à partir de la rangée supérieure. Attention, votre poule ne comprendra pas forcément ce que vous voulez faire avec cette paire de ciseaux entre les mains. Évitez donc de lui courir après !

Avant de couper inutilement les plumes de votre poule, demandez-vous qu’en penseraient les voisins ?! Peut-être d’une part qu’elles ne sauteront jamais la clôture. Et quand bien même cela arriverait, peut-être que votre voisin ne sera pas fâché si vous lui offrez quelques oeufs de temps en temps ou pour vous faire pardonner.

Rustique, la poule résiste même au froid de la neige !

Dois-je rentrer mes poules en hiver ?

Souvenez-vous, la poule n’est pas un animal de compagnie, donc laissez-la vivre sa vie d’animal de ferme !

D’ailleurs, les poules craignent beaucoup plus la chaleur que le froid. Même en cas de gros gel, elles doivent pouvoir sortir dans le jardin. Il faut évidemment que le poulailler soit bien isolé des intempéries et le soir venu, vous fermerez soigneusement la porte. À l’intérieur, conservez une litière propre et abondante, en particulier dans le pondoir. La paille broyée est très appréciée ; les poules s’y blottiront les unes contre les autres pour se tenir chaud.

Vous devrez toutefois être davantage vigilant avec certaines poules naines d’ornement, plus délicates que leurs cousines fermières.

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